Tous ces beaux jeux inventés
Les balancelles déglinguées et les pommiers
En fleur, la forme de coeur du choeur
Les condamnés dans les chous-fleurs
Et l'arrière garde qui ne tient pas
Ses promesses quand se pointe
La vieillesse de nos maîtresses
Tous ces beaux jeux inventés
Les chuchotements lèvres fermées
Tous ces cadavres exquis que l'on joue
Aux dés, nos semelles et nous de boue
Se dressent les statues d'airain
Même si nos mains sur la courbe
De tes reins ne savent plus rien
Toutes ces vérités cachées
Rangées dans le coffre à jouets
Sous le velours de ta voix,
Le cri des petits poids
Dans nos mémoires articulées
Autour du grand tourniquet
Du coeur de nos soeurs
Tous ces beaux jeux inventés
Les sourires sur visage plaqués
Les yeux en coin, en cinémascope
Nos gueules dans le magnétoscope
Tous ces beaux colis de la poste
Qu'on ne reçoit jamais
Tous ces colis fichés inventés
Tous ces beaux jeux inventés
Les messages tricotés, les raquettes
Sur la plage déserte, une île verte
A la dérive vire vers l'inerte
Toutes ces belles idées dévoyées
Que l'on se sert sur canapé
Nous donnent l'envie de gerber.
lundi 17 novembre 2008
mercredi 12 novembre 2008
Lettre à Lapointe
Puisque la vie est ainsi,
Et que nous ne sommes pas comme ça,
Puisque l'amour est ainsi,
Et qu'un seul souffle éteint ça...
Comme il m'est doux de songer à vous! Par tous les moyens votre présence dernière sublime mon quotidien; je vous rêve éveillé, petit maître de Pelisse, nymphe écarlate sur mon épaule, et votre souffle me chuchote ces idioties drôlatiques avec lesquelles vous me faites fondre, me chante un de ces airs dont vous tenez la bride! Vos gestes ont la grâce de cette grue majestueuse qui m'accompagne dans son nid de plumes, et votre regard d'automne se reflète dans chaque espace. Je vous parle doucement, dans mon intimité, de ces petits bouts de vie devinés entre nous.
Ainsi à la poursuite de nos chapeaux envolés, maillots rayés blanc-bleu, je nous veux courir à perdre haleine dans les dunes normandes avant que de se mêler au sable plaisir, l'océan seul témoin... éperdus nous irons nous réchauffer à la taverne de Saint Elme, pour terminer la nuit debout sur la table à hurler d'antiques chansons marines, la pipe au bec, des étoiles plein les yeux.
Ainsi je vous imagine à mon bras, à flâner les puces du "plateau" de Saint Ouen, depuis la Porte de Clignancourt. Je vous vois chiner, le regard ébloui par ces trésors qui feront ici et là le bonheur d'une amie, une tenue dont vous dessinerez les secrets, un bel accessoire inutile autant qu'essentiel à la décoration de notre grande maison.
Ainsi je nous vois partager avec les petits un jeu de l'oie fait de nos mains, chaque étape comme un coffre au trésor dans l'île de leur enfance. Au pied de l'âtre leurs yeux brillants, joues rouges, ils refléteront les braises du chêne kermesse qui se consumera de craquements en petits sifflements. Puis, lorsqu'ils auront rejoints leur pays des rêves, nous dévoilerons au regard du feu nos ébats délicieux, avant que de nous endormir enlacés, épuisés par tant d'amour.
Ainsi je vous imagine nageant nue dans une crique aux reflets turquoise, dans un décor de haute corse. Ruisselant, un sac de jute au poignet, je serai affairé à la récolte de quelques oursins pour le panier de notre déjeuner, que vous aurez pris soin de remplir en secret de vos recettes gourmandes.
Ainsi je nous devine à percuter le bonheur d'être ensemble, à nous saisir de passion, nous émerveiller d'un rien, de tout, à nous laisser pousser ces ailes depuis longtemps châtrées. . .
Je vous aime, Lapointe.
Et que nous ne sommes pas comme ça,
Puisque l'amour est ainsi,
Et qu'un seul souffle éteint ça...
Comme il m'est doux de songer à vous! Par tous les moyens votre présence dernière sublime mon quotidien; je vous rêve éveillé, petit maître de Pelisse, nymphe écarlate sur mon épaule, et votre souffle me chuchote ces idioties drôlatiques avec lesquelles vous me faites fondre, me chante un de ces airs dont vous tenez la bride! Vos gestes ont la grâce de cette grue majestueuse qui m'accompagne dans son nid de plumes, et votre regard d'automne se reflète dans chaque espace. Je vous parle doucement, dans mon intimité, de ces petits bouts de vie devinés entre nous.
Ainsi à la poursuite de nos chapeaux envolés, maillots rayés blanc-bleu, je nous veux courir à perdre haleine dans les dunes normandes avant que de se mêler au sable plaisir, l'océan seul témoin... éperdus nous irons nous réchauffer à la taverne de Saint Elme, pour terminer la nuit debout sur la table à hurler d'antiques chansons marines, la pipe au bec, des étoiles plein les yeux.
Ainsi je vous imagine à mon bras, à flâner les puces du "plateau" de Saint Ouen, depuis la Porte de Clignancourt. Je vous vois chiner, le regard ébloui par ces trésors qui feront ici et là le bonheur d'une amie, une tenue dont vous dessinerez les secrets, un bel accessoire inutile autant qu'essentiel à la décoration de notre grande maison.
Ainsi je nous vois partager avec les petits un jeu de l'oie fait de nos mains, chaque étape comme un coffre au trésor dans l'île de leur enfance. Au pied de l'âtre leurs yeux brillants, joues rouges, ils refléteront les braises du chêne kermesse qui se consumera de craquements en petits sifflements. Puis, lorsqu'ils auront rejoints leur pays des rêves, nous dévoilerons au regard du feu nos ébats délicieux, avant que de nous endormir enlacés, épuisés par tant d'amour.
Ainsi je vous imagine nageant nue dans une crique aux reflets turquoise, dans un décor de haute corse. Ruisselant, un sac de jute au poignet, je serai affairé à la récolte de quelques oursins pour le panier de notre déjeuner, que vous aurez pris soin de remplir en secret de vos recettes gourmandes.
Ainsi je nous devine à percuter le bonheur d'être ensemble, à nous saisir de passion, nous émerveiller d'un rien, de tout, à nous laisser pousser ces ailes depuis longtemps châtrées. . .
Je vous aime, Lapointe.
jeudi 6 novembre 2008
Mais qu'est ce que tu fous ?
Hier

Hier, dans le sourire de la Tour Magne, nous nous sommes embrassés pour la première fois. La pluie traversière retint ses gouttelettes autour de nos visages, et nos silhouettes fumaient d'amour. Dans ce parc antique, immense, somptueux, premier des jardins publics, à quelques encablées de la vaine agitation des hommes, nous nous sommes promenés, et se tenant par les yeux, nous avons goûté au plaisir des couleurs. Le vert tendre sous lequel ruisselait la mousse ondulée, cet univers d'eau et de roc propice aux fantaisies de notre imaginaire. Le temps avec pudeur, s'est doucement retiré. Nous étions deux enfants coeur pur, émerveillés d'être là, proches, légers, subtilement empreints du trac d'Eros. Du quai de la Fontaine, sous le regard de Bigot, vous m'avez conté l'histoire de cette petite fille sur les pelouses interdites par défaut, vous m'avez ouvert la tendresse de votre enfance. Dans cet espace richement boisé, source sacrée, je vous imaginais, à sauter et gambader sous la bienveillance des aînés. Cupidon, dont j'ai souvent maudit la maladresse, hier, a fait mouche. A la manière de Diane, il a percé nos flancs, et de ses flèches empennées de rouge s'écoule ce poison violent, qu'on appelle l'Amour. Petit à petit, se déploient mes ailes ..
mercredi 5 novembre 2008
Lettre à Lapointe
Si j'en crois cette nudité et le désir, cela fait une vie que l'opportunité ne m'avait été donnée; prendre le temps de vitesse, caresser plume et papier pour y allonger des mots secrets, crus ou légers, des mots pour vous.Sous ma main s'échappe l'encre noire qui dessine leur contour, et je la regarde couler sa tache quand j'étouffe en dessous.Qu'est ce que deux nous ? Nous ne savons pas par quel abandon partir, ni quand se taire. Être une fois dans sa vie heureusement sa vie, en quoi exister suffit-il ? Depuis toi, rien ne respirera plus comme jadis, et je porte en moi un oubli.L'enfer, c'était les autres, moins vous. Tout nous travaille, bouscule, palpite depuis qu'un toi a poussé dans ma voix. Le désir, incendie du doute, cogne à mon sang chaque seconde un peu plus. Vous êtes virelangue intime, trompe-oreilles à l'écoute qui vient nouer le front ceint d'une cravate le mot et la chair. Je suis le ravin humide de l'amour, et vous êtes chute en avant. Existe-t-il un autre mouvement ? Vivre c'est s'avoir, une écriture entre nos deux espèces, que recèle la profonde jouissance de vous savoir. Votre bouche est poésie,et ses isocolies percutent la douleur des hectomètres qui séparent mes mains des vôtres. Chaque soir,l'écho de votre peau, chaque matin, l'inexorable.
Dans ce sexe des choses, je veux être la syllabe qui recoudra nos lèvres, embrasser la paronomase de nos regards. L'enfant, le monde, la mort, je suis prêt.
Je voulais vous écrire les feux rouges de Barcelone, les embruns de l'île d'Ouessant, les cadavres exquis que nous ferions au coin du feu quand la terre est gelée. Je ne peux que vous parler de l'Amour.
Dans ce sexe des choses, je veux être la syllabe qui recoudra nos lèvres, embrasser la paronomase de nos regards. L'enfant, le monde, la mort, je suis prêt.
Je voulais vous écrire les feux rouges de Barcelone, les embruns de l'île d'Ouessant, les cadavres exquis que nous ferions au coin du feu quand la terre est gelée. Je ne peux que vous parler de l'Amour.
mardi 4 novembre 2008
alexandrin to Lapointe
Je suis votre dévoué tout à fait nu
Vous jeune Circée qui ferez tout ce que tu
Veux de nous deux. Ainsi mêlées nos mains dans la
Mienne nous coulerons de baisers en éclats.
Ce jour je vous jette à l'encre le défi d'un
Soir d'amour feu, deux fous lovés jusqu'au matin.
Douce muse rousse, déesse, maîtresse,
Amie des vents que souffle le fils d'Hippotès
Venez contre mon sein poser votre tête
Sans doute c'est telle que je vous souhaite
Dessous mes airs de fausse désinvolture.
Vous jeune Circée qui ferez tout ce que tu
Veux de nous deux. Ainsi mêlées nos mains dans la
Mienne nous coulerons de baisers en éclats.
Ce jour je vous jette à l'encre le défi d'un
Soir d'amour feu, deux fous lovés jusqu'au matin.
Douce muse rousse, déesse, maîtresse,
Amie des vents que souffle le fils d'Hippotès
Venez contre mon sein poser votre tête
Sans doute c'est telle que je vous souhaite
Dessous mes airs de fausse désinvolture.
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