Et que nous ne sommes pas comme ça,
Puisque l'amour est ainsi,
Et qu'un seul souffle éteint ça...
Comme il m'est doux de songer à vous! Par tous les moyens votre présence dernière sublime mon quotidien; je vous rêve éveillé, petit maître de Pelisse, nymphe écarlate sur mon épaule, et votre souffle me chuchote ces idioties drôlatiques avec lesquelles vous me faites fondre, me chante un de ces airs dont vous tenez la bride! Vos gestes ont la grâce de cette grue majestueuse qui m'accompagne dans son nid de plumes, et votre regard d'automne se reflète dans chaque espace. Je vous parle doucement, dans mon intimité, de ces petits bouts de vie devinés entre nous.
Ainsi à la poursuite de nos chapeaux envolés, maillots rayés blanc-bleu, je nous veux courir à perdre haleine dans les dunes normandes avant que de se mêler au sable plaisir, l'océan seul témoin... éperdus nous irons nous réchauffer à la taverne de Saint Elme, pour terminer la nuit debout sur la table à hurler d'antiques chansons marines, la pipe au bec, des étoiles plein les yeux.
Ainsi je vous imagine à mon bras, à flâner les puces du "plateau" de Saint Ouen, depuis la Porte de Clignancourt. Je vous vois chiner, le regard ébloui par ces trésors qui feront ici et là le bonheur d'une amie, une tenue dont vous dessinerez les secrets, un bel accessoire inutile autant qu'essentiel à la décoration de notre grande maison.
Ainsi je nous vois partager avec les petits un jeu de l'oie fait de nos mains, chaque étape comme un coffre au trésor dans l'île de leur enfance. Au pied de l'âtre leurs yeux brillants, joues rouges, ils refléteront les braises du chêne kermesse qui se consumera de craquements en petits sifflements. Puis, lorsqu'ils auront rejoints leur pays des rêves, nous dévoilerons au regard du feu nos ébats délicieux, avant que de nous endormir enlacés, épuisés par tant d'amour.
Ainsi je vous imagine nageant nue dans une crique aux reflets turquoise, dans un décor de haute corse. Ruisselant, un sac de jute au poignet, je serai affairé à la récolte de quelques oursins pour le panier de notre déjeuner, que vous aurez pris soin de remplir en secret de vos recettes gourmandes.
Ainsi je nous devine à percuter le bonheur d'être ensemble, à nous saisir de passion, nous émerveiller d'un rien, de tout, à nous laisser pousser ces ailes depuis longtemps châtrées. . .
Je vous aime, Lapointe.
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