
Hier, dans le sourire de la Tour Magne, nous nous sommes embrassés pour la première fois. La pluie traversière retint ses gouttelettes autour de nos visages, et nos silhouettes fumaient d'amour. Dans ce parc antique, immense, somptueux, premier des jardins publics, à quelques encablées de la vaine agitation des hommes, nous nous sommes promenés, et se tenant par les yeux, nous avons goûté au plaisir des couleurs. Le vert tendre sous lequel ruisselait la mousse ondulée, cet univers d'eau et de roc propice aux fantaisies de notre imaginaire. Le temps avec pudeur, s'est doucement retiré. Nous étions deux enfants coeur pur, émerveillés d'être là, proches, légers, subtilement empreints du trac d'Eros. Du quai de la Fontaine, sous le regard de Bigot, vous m'avez conté l'histoire de cette petite fille sur les pelouses interdites par défaut, vous m'avez ouvert la tendresse de votre enfance. Dans cet espace richement boisé, source sacrée, je vous imaginais, à sauter et gambader sous la bienveillance des aînés. Cupidon, dont j'ai souvent maudit la maladresse, hier, a fait mouche. A la manière de Diane, il a percé nos flancs, et de ses flèches empennées de rouge s'écoule ce poison violent, qu'on appelle l'Amour. Petit à petit, se déploient mes ailes ..
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